jeudi 31 janvier 2008

Lisa....



La plus douce, la plus sereine, la plus "sfumatée", la plus mystérieuse.... et ici.... plus colorée !... :)

dimanche 27 janvier 2008

Un peu de lecture...




Rabelais se serait inspiré en partie de son enfance et d'histoires plus anciennes pour écrire les aventures de Grangousier époux de Gargamelle, Gargantua époux de Badebec et de leur petit-fils et fils Pantagruel, grands buveurs et mangeurs devant l'éternité, sans oublier leur intérêt dévorant pour le monde et les hommes.

Mais ils ne sont pas des ogres, juste des géants...



De l'adolescence de Gargantua. (Ne cherchez pas à traduire, laissez-vous porter par les mots...)


Cha. x.



Gargantua depuys les troys iusques à cinq ans feut nourry et institué en toute discipline convenente par le commandement de son père, et celluy son temps passa comme les petitz enfans du pais, c'est assavoir à boyre/ manger/ & dormir, à manger/ dormir/ & boyre, & dormir/ boyre/ & manger. Tousiours se vaultroyt par les fanges, se mascaroyt le nez, se chaffouroyt le visage. Et aculoyt ses souliers & baisloit souvent aux mousches & couroyt voulentiers après les parpaillons, desquelz son père tenoyt l'empire. Il pissoyt sus ses souliers, il chyoit en sa chemise, il morvoyt dedans sa soupe. Et patrouilloit par tout. Les petitz chiens de son père mangeoyent en son escuelle. Luy de mesmes mengeoit avecques eulx: Ils luy leschoyent les badigoinces. Et sabez quey hillotz, que mau de pie vous vyre, ce petit paillard tousiours tastonnoyt ses gouvernantes cen dessus dessoubz, cen devant derrière, harry bourriquet: et desià commenczoit exercer sa braguette. Laquelle en chascun iour ses gouvernantes ornoyent de beaux boucques, de beaux rubans, de belles fleurs, de beaux flocquars: & passoyent leur temps à la fayre revenir entre leurs mains, comme la paste dedans la met. Puys s'esclaffoyent de ryre quant elle levoyt les aureilles, comme si le ieu leur eust pleu. L'une la nommoit ma petite dille, l'aultre ma pine, l'aultre ma branche de coural, l'aultre mon bondon, mon bouchon, mon vibrequin, mon possouer, ma terière, ma petite andouille vermeille, ma petite couille bredouille. Elle est à moy disoyt l'une. C'est la mienne, disoyt l'aultre. Moy, (disoyt l'aultre) n'y auray ie rien: par ma say ie la couperay doncques. Ha couper, (disoyt l'aultre) vous luy feriez mal ma dame, coupez vous la choses aux enfans? Et pour s'esbatre comme les petitz enfans de nostre pays luy feirent un beau virollet des aesles d'un moulin à vent de Myrebalais.



Limpide non ?... et bravo à celles et ceux qui ont lu jusqu'au bout !.... :)
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dimanche 20 janvier 2008

Un peu d'histoire...




1550 : Le pape a envoyé un de ses cardinaux pour trancher le débat qui oppose Sépulvéda à Las Casas. Le dominicain soutient que les Indiens sont des Hommes comme les Européens. Sépulvéda au contraire affirme que les Indiens sont nés pour être esclaves.


.... Après quoi il affirme avec la même fermeté :


- Oui, Eminence, les habitants du Nouveau Monde sont des esclaves par nature. En tout point conformes à la description d'Aristote.


- Cette affirmation demande des preuves, dit doucement le prélat.


Sépulvéda n'en disconvient pas. D'ailleurs, sachant cette question inévitable, il a préparé tout un dossier. Il en saisit le premier feuillet.


- D'abord, dit-il, les premiers qui ont été découverts se sont montrés incapables de toute initiative, de toute invention. En revanche, on les voyait habiles à copier les gestes et les attitudes des Espagnols, leurs supérieurs. Pour faire quelque chose, il leur suffisait de regarder un autre l'accomplir. Cette tendance à copier, qui s'accompagne d'ailleurs d'une réelle ingéniosité dans l'imitation, est le caractère même de l'âme esclave. Ame d'artisan, âme manuelle pour ainsi dire.


- Mais on nous chante une vieille chanson! s'écrie Las Casas. De tout temps les envahisseurs, pour se justifier de leur mainmise, ont déclaré les peuples conquis indolents, dépourvus, mais très capables d'imiter ! César racontait la même chose des Gaulois qu'il asservissait ! Ils montraient, disait-il, une étonnante habileté pour copier les techniques romaines ! Nous ne pouvons pas retenir ici cet argument ! César s'aveuglait volontairement sur la vie véritable des peuples de la Gaule, sur leurs coutumes, leurs langages, leurs croyances et même leurs outils ! Il ne voulait pas, et par conséquent ne pouvait pas voir tout ce que cette vie offrait d'original. Et nous faisons de même : nous ne voyons que ce qu'ils imitent de nous ! Le reste, nous l'effaçons, nous le détruisons à jamais, pour dire ensuite : ça n'a pas existé !


Le cardinal, qui n'a pas interrompu le dominicain, semble attentif à cette argumentation nouvelle, qui s'intéresse aux coutumes des peuples. Il fait remarquer qu'il s'agit là d'un terrain de discussion des plus délicats, où nous, risquons d'être constamment ensorcelés par l'habitude, prise depuis l'enfance, que nous avons de nos propres usages, lesquels nous semblent de ce fait très supérieurs aux usages des autres.


- Sauf quand il s'agit d'esclaves-nés, dit le philosophe. Car on voit bien que les Indiens ont voulu presque aussitôt acquérir nos armes et nos vêtements.

- Certains d'entre eux, oui sans doute, répond le cardinal. Encore qu'il soit malaisé de distinguer, dans leurs motifs, ce qui relève d'une admiration sincère ou de la simple flagornerie. Quelles autres marques d'esclavage naturel avez-vous relevées chez eux ?


Sépulvéda prend une liasse de feuillets et commence une lecture faite à voix plate, comme un compte rendu précis, indiscutable :


- Ils ignorent l'usage du métal, des armes à feu et de la roue. Ils portent leurs fardeaux sur le dos, comme des bêtes, pendant de longs parcours. Leur nourriture est détestable, semblable à celle des animaux. Ils se peignent grossièrement le corps et adorent des idoles affreuses. Je ne reviens pas sur les sacrifices humains, qui sont la marque la plus haïssable, et la plus offensante à Dieu, de leur état.


Las Casas ne parle pas pour le moment. Il se contente de prendre quelques notes. Tout cela ne le surprend pas.


- J'ajoute qu'on les décrit stupides comme nos enfants ou nos idiots. Ils changent très fréquemment de femmes, ce qui est un signe très vrai de sauvagerie. Ils ignorent de toute évidence la noblesse et l'élévation du beau sacrement du mariage. Ils sont timides et lâches à la guerre. Ils ignorent aussi la nature de l'argent et n'ont aucune idée de la valeur respective des choses. Par exemple, ils échangeaient contre de l'or le verre cassé des barils.


- Eh bien ? s'écrie Las Casas. Parce qu'ils n'adorent pas l'or et l'argent au point de leur sacrifier corps et âme, est-ce une raison pour les traiter de bêtes ? N'est-ce pas plutôt le contraire ?


- Vous déviez ma pensée, répond le philosophe.


- Et pourquoi jugez-vous leur nourriture détestable ? Y avez-vous goûté ? N'est-ce pas plutôt à eux de dire ce qui leur semble bon ou moins bon ? Parce qu'une nourriture est différente de la nôtre, doit-on la trouver répugnante ?


- Ils mangent des oeufs de fourmi, des tripes d'oiseau...


- Nous mangeons des tripes de porc! Et des escargots !


- Ils se sont jetés sur le vin, dit Sépulvéda, au point, dans bien des cas, d'y laisser leur peu de raison.


- Et nous avons tout fait pour les y encourager ! Mais ne vous a-t-on pas appris, d'un autre côté, qu'ils cultivent des fruits et des légumes qui jusqu'ici nous étaient inconnus ? Et que certains de leurs tubercules sont délicieux ? Vous dites qu'ils portent leurs fardeaux sur le dos : Ignorez-vous que la nature ne leur a donné aucun animal qui pût le faire à leur place ? Quant à se peindre grossièrement le corps, qu'en savez-vous ? Que signifie le mot "grossier" ?


- Frère Bartolomé, dit le légat, vous aurez de nouveau la parole, aussi longtemps que vous voudrez. Rien ne sera laissé dans l'ombre, je vous l'assure. Mais pour le moment, restez silencieux.


Le dominicain, qui paraît fatigué, se rassied. Le cardinal s'adresse au philosophe :


- Selon vous, la possession et l'usage des armes à feu seraient une preuve de la protection divine ?


- Une preuve très évidente. - Cependant, les Maures possèdent des armes à feu et s'en servent très bien contre nous.


- Ils les ont copiées sur les nôtres.


Le légat semble mettre en doute cette dernière affirmation. Il essaie de se souvenir. N'a-t-il pas lu quelque part que l'usage de la poudre à canon venait des pays de l'Orient ? Dans l'assistance, personne ne peut répondre avec précision et certitude. On préfère penser, et c'est à vrai dire plus confortable, que l'arme à feu est une invention chrétienne, comme la plupart des autres.


Et si d'aventure, comme le suggère le comte Pittaluga, l'intervention divine ne s'est pas clairement montrée dans l'invention elle-même (qui s'étala sur des siècles, à ce qu'on raconte), à coup sûr elle se manifesta en privant les Indiens, jusqu'à leur conquête, de ce type d'armes.


Ainsi la pauvreté de leur équipement militaire montre non seulement l'archaïsme de leur technique, mais que Dieu les priva de toute vraie défense.

Le légat, mettant à part cette question, revient à Sépulvéda :


- Autre chose : vous rapportez les sacrifices sanglants qu'ils faisaient à leurs dieux.


- Des dieux cruels, horribles, à l'image même de ce peuple.


- Oui, oui, il s'agit bien d'une horreur démoniaque. Nous sommes tous d'accord. Mais s'ils ne sont pas des êtres humains du même niveau que le nôtre, s'ils sont proches des animaux, peut-on leur reprocher ces sacrifices ? Vous voyez ce que je veux dire ?



Extrait de "La Controverse de Valladolid" de Jean-Claude Carrière.


...

Droit au rêve.



Impression.... de se croiser indifférents... dans une rue, une galerie marchande, un café, un couloir, un parc, des bureaux, à la sortie d'un cinéma et n'importe où... déjà tellement d'indifférence.... tellement.


Alors dans une classe par moment l'envie de secouer un peu et de lutter contre ce qui pourrait faire naître la vanité, la moquerie facile et parfois le mépris... en filigrane comme un malaise... toujours discret pour commencer.


Aller vers les autres, proposer, aider ; en observant un peu, c'est si compliqué pour vous ?...


J'aimerais cela tiens.... pour commencer, juste une signature, un désir, une volonté : êtes-vous solidaires les uns des autres ou non ?


... parce que dans une perspective future la planète vous attend, là.
;;;
Et il faudra prendre sur vous.



...


mardi 8 janvier 2008

Nos amis américains !....



Ils arrivent !....


Qui ?


Un groupe de 10 jeunes Américains âgés entre 15 et 17 ans, débarquant de Cheyenne (Wyoming) du 13 au 18 janvier !


Leur professeur de français, Paula, adore notre pays et la voici qui arrive avec dans ses bagages des sourires, des idées, des animations de cours, une pièce de théâtre à monter tout en kit et sa bonne humeur !


Voulez-vous parfaire votre anglais-américain ?... voulez-vous établir un lien au-delà des distances et de la grande flaque Atlantique ?


Nos amis ont besoin d'être logés, quelle merveilleuse occasion d'ouvrir sa porte et de laisser entrer un lycéen vivant dans la capitale du Rodéo !


Juste 5 nuits+petits-déj+trois dîners... prévoir que le mercredi 16 aura lieu une soirée "Fortune du pot"au self profs de Saint-Charles et le jeudi 17 à 20 heures.... les comédiens caroliens (et néanmoins intermittents) avec leurs amis de Cheyenne présenteront une époustouflante pièce à l'espace Mounier"Le Chat Botté" revu et corrigée par notre amie Paula qui a en gros dix-huit idées à la minute...


Pour toute demande de renseignement laissez un message sur ce blog ou à mon adresse courriel ou encore ces jours à venir, parlons-en !...et n'hésitez pas à convaincre vos parents.... :))


Nous ne sommes pas seuls sur cette planète...


Mais non... ce n'est pas moi qui organise cela.... qui est capable dans notre belle école de concevoir des projets aussi humains que pédagogiques ?


Madame de l'Aigle bien sûr.... :))