
Pendant l'occupation allemande paraît dans la clandestinité un poème "la Rose et le Réséda"écrit par Louis Aragon inspiré par l'évolution des événements à partir de l'été 1941 en France : attentats contre l'occupant, exécutions sommaires...et plus particulièrement dédié à quatre hommes qui ont été fusillés par les Allemands durant la deuxième guerre mondiale, pour faits de résistance.
- Gabriel Péri, homme politique et journaliste français, membre du Parti communiste, fusillé en 1941.
- Honoré d'Estienne d'Orves, officier de marine français, rallié au général de Gaulle en 1940, fusillé en 1941.
- Guy Môquet ayant distribué des tracts pour le parti communiste, arrêté, exécuté comme otage à l'âge de 17 ans.
- Gilbert Dru qui organisa la Résistance dans les milieux de la Jeunesse Chrétienne, fusillé à Lyon à l'âge de 24 ans.
- Gabriel Péri, homme politique et journaliste français, membre du Parti communiste, fusillé en 1941.
- Honoré d'Estienne d'Orves, officier de marine français, rallié au général de Gaulle en 1940, fusillé en 1941.
- Guy Môquet ayant distribué des tracts pour le parti communiste, arrêté, exécuté comme otage à l'âge de 17 ans.
- Gilbert Dru qui organisa la Résistance dans les milieux de la Jeunesse Chrétienne, fusillé à Lyon à l'âge de 24 ans.
La Rose et le Réséda
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l’échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Qu’importe comment s’appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l’un fut de la chapelle
Et l’autre s’y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu’elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l’un chancelle
L’autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Ils sont en prison lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l’autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l’aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu’aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
À la terre qu’il aima
Pour qu’à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
L’un court et l’autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L’alouette et l’hirondelle
La rose et le réséda
Louis Aragon
Extrait de "La Diane Française"édition Seghers
Les deux fleurs, la rose rouge et le réséda blanc symbolisent par leurs couleurs deux appartenances différentes, rouge pour les socialistes et blanc pour les catholiques, mais ici ces différences s'unissent dans un idéal de résistance et de liberté.
F.Bédarida définit la Résistance comme « l’action clandestine menée, au nom de la liberté de la nation et de la dignité de la personne humaine, par des volontaires s’organisant pour lutter contre la domination de leur pays par un régime nazi ou fasciste, ou satellite ou allié ».
Guy Môquet est le fils d'un député communiste déporté au bagne.
Il est arrêté le dimanche 13 octobre 1940 à la gare de l’Est par trois policiers de la préfecture de police, agissant “sur indication"...
Le jeune homme revendique ensuite dans sa déposition avoir voulu remplacer son père, le député communiste Prosper Môquet, militant depuis 1925.
Guy Môquet connaît d'abord la prison en région parisienne, à Fresnes et à la Santé, puis à Clairvaux.
Il est ensuite incarcéré au Camp de Chateaubriant un camp d'internement situé en Loire-Atlantique et ouvert en 1941.
Ce camp (centre de séjour surveillé de Choisel) dépendait du sous-préfet et avait été mis sous la surveillance des gendarmes français.
La plupart des détenus étaient des prisonniers de droits communs et des détenus politiques dont la plupart étaient communistes.
le 20 octobre 1941, le lieutenant-colonel Karl Hotz est abattu à Nantes par trois résistants communistes.
La répression sera exemplaire face à cet acte qualifié de "terrorisme".
48 otages seront fusillés dont 27 au camp de Chateaubriant.
Avant de mourir Guy Môquet écrit une dernière lettre...
Châteaubriant le 22 octobre 41
Ma petite Maman chérie
Mon tout petit frère adoré
Mon petit papa aimé
Je vais mourir ! Ce que je
vous demande, à toi en particulier ma petite Maman, c’est
d’être très courageuse. Je le suis et veux l’être autant que ceux
qui sont passés avant moi. Certes j’aurais voulu vivre,
ce que [je] souhaite de tout mon cœur c’est que ma mort
serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser
Jean, j’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino (1 ): quant à
mon véritable je ne peux le faire ! Hélas. J’espère que toutes
mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge
qui, je l’escompte sera fier de les porter un jour.
A toi petit Papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman
bien des peines, je te salue pour la dernière fois. Sache que j’ai
fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup,
qu’il étudie, qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demie, ma vie a été courte, je n’ai aucun regret
si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin,
Michels (2). Maman, ce que je demande, ce que je veux que tu
me promettes c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous
quitte tous, toutes, toi Maman, Séserge, Papa en vous embrassant
de tout mon cœur d’enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime
Guy
(1) Jean Mercier, Roger Semat, Rino Scolari, trois amis de Guy Môquet au camp de Choisel.
Lors de l’insurrection et de la libération de Paris, Rino Scolari, qui s’est évadé, est un des adjoints du colonel Rol-Tanguy, commandant en chef des FFI en Ile-de-France.
(2) Jean-Pierre Timbaud, un des principaux dirigeants de la fédération CGT des travailleurs de la métallurgie de la région parisienne, ami de Guy Môquet, et Charles Michels, député communiste de Paris, comme le père de Guy.
Ma petite Maman chérie
Mon tout petit frère adoré
Mon petit papa aimé
Je vais mourir ! Ce que je
vous demande, à toi en particulier ma petite Maman, c’est
d’être très courageuse. Je le suis et veux l’être autant que ceux
qui sont passés avant moi. Certes j’aurais voulu vivre,
ce que [je] souhaite de tout mon cœur c’est que ma mort
serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser
Jean, j’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino (1 ): quant à
mon véritable je ne peux le faire ! Hélas. J’espère que toutes
mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge
qui, je l’escompte sera fier de les porter un jour.
A toi petit Papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman
bien des peines, je te salue pour la dernière fois. Sache que j’ai
fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup,
qu’il étudie, qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demie, ma vie a été courte, je n’ai aucun regret
si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin,
Michels (2). Maman, ce que je demande, ce que je veux que tu
me promettes c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous
quitte tous, toutes, toi Maman, Séserge, Papa en vous embrassant
de tout mon cœur d’enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime
Guy
(1) Jean Mercier, Roger Semat, Rino Scolari, trois amis de Guy Môquet au camp de Choisel.
Lors de l’insurrection et de la libération de Paris, Rino Scolari, qui s’est évadé, est un des adjoints du colonel Rol-Tanguy, commandant en chef des FFI en Ile-de-France.
(2) Jean-Pierre Timbaud, un des principaux dirigeants de la fédération CGT des travailleurs de la métallurgie de la région parisienne, ami de Guy Môquet, et Charles Michels, député communiste de Paris, comme le père de Guy.
La lettre originale de Guy Môquet est conservée par le musée de la Résistance
Geneviève de Gaulle Anthonioz : "La résistance n'est pas du passé"

3 commentaires:
trop emouvante cette lettre le pauvre il est acusé a tort et pour des choses qui ne sont meme pas de sa faute qu'elle bande xde bip...
très triste!! en parlant de louis aragon on l a etudié en français ... et je trouve aussi que son poème est très beau !!!
marie
o0Oo0 le poème est magnifique et fait pleurer long et beau c'est tout ce que je peux dire pas un mot de plus tellement l'émotion est grande
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